(Français) Acte VI : le traité
François Malausséna, syndic (maire) de Nice, démissionna le 26 mars 1860, deux jours après le traité signé entre le Piémont-Sardaigne et la France jetant les bases de la réunion de Nice et de la Savoie à la France. Photo DRDans l’imbroglio de l’affaire italienne, la brochure que fit publier Louis- Napoléon intitulée « Le pape et le Congrès » allait faire du bruit à Paris et surtout à Rome. Que disait-elle cette brochure? Elle conseillait au pape Pie IX de renoncer à ses États, sauf Rome, conseil agrémenté d’une recommandation « Plus le territoire sera petit, plus le souverain sera grand. » Colère terrible de sa Sainteté qui menace d’excommunier l’Empereur! Joie immense de Cavour : « Je pardonne à l’Empereur la paix de Villafranca, il vient de rendre à l’Italie un plus grand service que la victoire de Solferino. »
En effet le pape était l’obstacle primordial tant sur le plan spirituel que politique. Avec l’engagement de l’Empereur la porte est ouverte, grande ouverte. Victor-Emmanuel et Cavour, qui a repris son poste de Premier ministre, lancent l’idée des plébiscites, les peuples doivent décider, c’est ainsi que la Romagne, Parme, Modène et la Toscane sont incorporés au royaume de Piémont-Sardaigne. Dans le même état d’esprit, à Paris, l’Empereur change de ministre des Affaires étrangères, il remplace Alexandre Waleswski réticent sur la question italienne, par Edouard Thouvenel qui lui est un chaud partisan de l’unité italienne.
Tout est en place pour qu’enfin soit abordée la question de la Savoie et du comté de Nice.
Le 27 janvier 1860, Napoléon III écrit à Victor-Emmanuel II de laisser à la Savoie et au comté de Nice la liberté de choisir librement leur destin. Cavour et le roi ne peuvent que souscrire à la proposition, Victor-Emmanuel, avec nostalgie concernant la Savoie n’est-ce pas le berceau de la dynastie ?
Cavour avec un pincement au coeur pour Nice mais tous deux savent que depuis Plombières cette séparation serait le prix à payer en échange de l’énorme cadeau d’un futur royaume d’Italie dont Victor- Emmanuel sera le premier souverain.
À Turin, le 12 mars et le 14 à Paris, est signé un traité où le roi de Sardaigne consent à la réunion de la Savoie et de l’arrondissement de Nice à la France.
Le débat
Le traité secret ne le restera pas longtemps, le 24 mars, unautre traité, public celuilà, est signé entre le Piémont- Sardaigne et la France.
À Nice le parti français se regroupe autour de « L’Avenir de Nice », un journal très luavec à sa tête le banquier Auguste Carlone. Très actif également Henry Avigdor que nous avons déjà vu à l’oeuvre. Le parti du statu quo, quant à lui, avait comme porte-parole « La gazette de Nice » et le « Nizzardo » qui paraissait en italien. L’affrontement des deux camps ne dégénérait pas en combat de rue mais une certaine fébrilité agitait la population. Cette agitation prenait différents aspects ainsi, au théâtre Tiranty, qui était le théâtre français, on applaudit et on bissa lors d’un concert la « Reine Hortense » en hommage direct à la mère de l’Empereur. Le lendemain, contre manifestation au théâtre Royal oùl’on représentait des opéras italiens, des « Vive l’Italie! Vive Victor- Emmanuel » fusèrent. Une guerre en chansons et en poésies, ainsi le parti français se réclamait d’un poème de ThéodoredeBanville intitulé « Le voeu de Nice ».
- O Nice, ville heureuse, un écho t’a dit « France ». Beaucoup plus sérieux, le 26 mars, deux jours après le traité, François Malausséna démissionnait de son poste de syndic (maire), il s’en expliquait dansune longue lettre : « Comme officier du Gouvernement je dois m’identifier avec le Gouvernement lui-même, accepter et respecter ses actes. (…) quand les populations seront consultées, quel que soit le procédé que l’on adoptera, mon devoir sera de contribuer avec toutes mes forces à ce que les intentions des deux gouvernements puissent avoir leur pleine et loyale exécution (…) J’ai été et je resterai inébranlablement fidèle à mon Roi (…) Mais quand Lui-même aura délié les liens qui nous attachent à son auguste personne et à sa Dynastie, je crois que la dernière et la meilleure preuve de fidélité qui pourra encore lui être donnée sera de seconder ses hautes volontés. » Une citation un peu longue mais elle éclaire la position de nombreux Niçois de l’administration et de certains notables, si le roi choisit la France, ils obéiront avec loyauté.
Des élections oubliées
L’échéance est pour bientôt mais il reste encoredes problèmes à résoudre. Notamment des élections législatives à la Chambre de Turin. Cavour tenait à ces élections, question de principe. À Nice, dans le premier collège électoral, allait se présenter un opposant farouche à l’annexion, un Niçois célébré par les uns, détesté par les autres : Giuseppe Garibaldi.
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